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En partenariat avec l'A.D.D.S.
Ce projet transversal vise à encourager la coopération entre les dix Etats ayant le Sahara en commun en mobilisant et formant les acteurs du tourisme et en veillant à une participation effective des populations afin de faire du tourisme un outil au service du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. La formation à l'inzad a démarré le 1er avril 2004. Elle vise à terme la création d'un réseau de joueuses à l'échelle du Sahara et une candidature de cet instrument sur la liste des chefs d’œuvre du patrimoine mondial immatériel.
Images Mission de recensement (mars 2004) : 1 2 3 4 Mission de suivi (décembre 2004) : 5 6 7 8 9 10 Enregistrements Remerciements
de Sidi Ghaïchata
et Sidi Les
élèves de Ghaichata et Laglaga: Minata Sidi, Minata Abdouramane,
Mariama Goumarou et Azara Alassane Les élèves de Rahma (Ghaïcha Kemil, Fatima Moussa, Laglala Moussa (mp3, 7'08'') Les élèves d'Ilminidat (mp3, 4'49'') Notre
arrivée mise en musique par Ichilane Documentation |
Formation
de jeunes filles à l’inzad, recueil de contes et de poèmes visant à sauvegarder et valoriser le patrimoine immatériel musical et oral des Touaregs comme outil de développement
local Les populations touarègues du Sahara ont non seulement une écriture propre - les Tifinagh - mais une culture musicale et orale très riche. Dans la perspective d’affronter la vie quotidienne la plus rustique du monde, elles possèdent un code de conduite et moral, Achak, auquel est soumise toute personne adulte. Pour matérialiser cet esprit, Achak a été inféodé un instrument appelé Inzad. C’est pourquoi l’inzad peut être considéré comme le symbole de la culture touarègue au Sahara. Malheureusement, l’inzad n’échappe pas aux effets de la mondialisation de la culture et aux influences du monde extérieur sur la vie au Sahara. Il est urgent de trouver les moyens de sauvegarder cet instrument unique au monde et le mode de vie qu’il représente, qui, si on n’y prend garde, disparaîtront avec une partie de l’âme des peuples du désert. Pour remédier à cette situation, il importe d’augmenter le nombre de joueuses qui de toute évidence se font de plus en plus rares par des actions de formation locale des jeunes filles et de sensibilisation via un tourisme solidaire et responsable.Revitaliser la tradition de l’inzad dans les campements mêmes nous a paru la méthode la plus proche du mode de transmission traditionnel. Au cœur des campements, la vibration des cordes de l’instrument et celle des cordes vocales du poète se confondent. L’inzad peut y conserver sa fonction symbolique et régulatrice. Des hommes droits et courageux qui respectent l'Achak, les Touaregs disent qu'ils méritent l'inzad, qu'ils sont des "Entendeurs d'inzad"... Au cours du mois d'avril 2004, nous avons recensé dix joueuses expérimentées qui ont accepté de former chacune trois jeunes filles. Les dix joueuses sélectionnées sont réparties sur deux zones : la première à Agadez (3 joueuses) et autour d’Agharous : à Afara et Terzizek (2 joueuses). La deuxième dans la vallée du Talak au Nord de Gougaram (5 joueuses). Cette zone est réputée grâce à la famille du poète Ibrahim Ahmed dont la sœur et deux filles sont joueuses et une autre fille est conteuse. Nos informateurs étaient Issouf Maha à Agadez et Sidi à Talak, chanteur. L’accueil à Talak fût ainsi extrêmement chaleureux. Nous avons passé trois jours au milieu des campements chez Sidi et chez Ibrahim. Une soirée d’Inzad et de chants avec Rahma, Sidi et Ibrahim, une matinée avec Ichilane et Sidi, une soirée contes avec Chadi et Sidi. A Agadez, nous avons pu écouter ensemble Tawny à l’inzad et Guntu à la guitare. Etonnant mariage avec la nouvelle musique touarègue créée par les Ishumar, jeunes chômeurs partis chercher du travail en Libye lors des sécheresses dans les années 80’. Cette musique sera le symbole de la rébellion dans les années 90’. Il fût très facile de convaincre chaque joueuse de former trois jeunes filles. Mais l’urgence est là. Deux joueuses avaient cessé de jouer depuis longtemps. Beaucoup ont renoncé à transmettre leur art. Lors de notre premier contact à Afara, Rhida a joué sur un instrument en piteux état. Plusieurs personnes nous ont alertés et ont félicité notre initiative, ainsi Michel Belvin de l’association les Amis de l’Aïr ou Ibrahim Manzo Diallo journaliste qui nous a remis le début d’un manuscrit « L’inzad ou les soupirs étranglés » qui décrit la menace que fait peser l’urbanisation sur la culture traditionnelle. La première mission de suivi a eu lieu en décembre 2004 et janvier 2005. Comme en avril, l’accueil dans le Talak a été au-delà de nos attentes. Très vite nous retrouvons la motivation initiale. Chadi a composé un poème en notre honneur et Ichilane nous fait écouter une mélodie qu’elle a composée pour « expliquer » et rythmer notre arrivée dans les secousses de la voiture (écouter). Sidi, notre informateur, ajoute qu’elle mentionne aussi le « froid » qui nous accompagne dans notre voyage. Le morceau évoque ensuite, par un changement de rythme « la parole » que nous chantons dans la voiture en pensant à l’inzad. Sidi nous fait part de deux abandons mais compensés par de nouvelles élèves. Il a constaté une progression rapide des élèves malgré l’appréhension qu’elles avaient de la difficulté de l’instrument. Cette heureuse surprise soulève la question de l’accompagnement des chanteurs car l’inzad prend tout son sens dans la combinaison de la poésie chantée et de la musique. Il nous dit que les élèves éprouveront bientôt le besoin pour progresser et affiner leur jeu d’être accompagnées par un chanteur. Le soir, nous enregistrons les formatrices présentes et leurs élèves (MD1, 040105) : Rahma et Ichilane et leurs « équipe » ainsi que des élèves de Laglaga et Ilminidat qui sont en déplacement. Sidi ensuite improvise ce qu’il ressent, accompagné par Ichilane (MD2, plage 1, 2’40’’ – 24’, 040105). En fin de soirée les femmes organisent un tende et commencent par la « fantasia des chameaux » (MD2, 4 et 8, 040105). Le lendemain, nous enregistrons le poème de Chadi (MD2, 7, 050105). Nous gagnons ensuite le campement de Sidi à côté de Gougaram. Nous enregistrons l’équipe n° 5 et des élèves de Laglaga. Sidi accompagne sa fille, Minata une des élèves de Ghaïchita (MD 3, plage 2, 050105).Voici le message que Sidi nous a adressé au moment de notre départ de la vallée du Talak le 5 janvier 2005 : (écouter) « C’est un message de remerciements à tous ceux qui ont eu cette heureuse initiative de redonner vie à tout un pilier de la culture. L’inzad est toute ma vie et pour nous Touaregs, c’est presque une religion. Il faut sauvegarder les vestiges de nos ancêtres. Je vous remercie Albert, Issouf, Patricia et toute leur équipe. Nous n’avons pas les mots pour remercier tous ceux qui agissent pour défendre notre culture et recréer l’union de notre société. Nos espoirs reposent sur vous et vous pouvez compter sur nous et toute la jeunesse de la région. Cette action a été une sorte de déclic. Plusieurs filles ont pris goût à l’inzad. Et mieux encore, les garçons sont rentrés dans la danse pour faire la poésie. Nous sommes en train de revivre comme autrefois… Je m’adresse maintenant aux Touaregs : Vous savez que nous n’avons de richesse que notre culture, c’est tout ce qui nous reste aujourd’hui. Si certains de nous ont voyagé en Europe, c’est bien parce que nous avons une culture unique au monde ». A Afara, nous retrouvons Rhadi qui nous informe que les élèves ont déménagé pour chercher des pâturages. C’est un des problèmes spécifiques à ce type de formation dans les campements. Nous nous déplaçons de quelques kilomètres pour essayer de trouver deux des élèves (MD 4). Nous enregistrons Kidida Adjossane et Afti. Hidija Sili a déménagé trop loin. Nous rencontrons Tawny à Tezirzek (20 kms au SO d’Agharous) où nous enregistrons les deux élèves qui sont dans les campements environnants, Ghaïchitou et Fatimata. Les premiers circuits culturels "Entendeurs d'inzad" créés par Croq'Nature ont débuté le 15 janvier 2005. La situation politique actuelle a malheureusement entraîné l'arrêt de tous les circuits touristiques dans le Nord du Niger. |
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Entendeurs
d'inzad |
Le puits d'Afara
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