Situation du bivouac et informations générales

La famille Azizi appartient à une petite tribu saharienne : « les Nouaji », venue d’Orient au XIII° siècle pour conquérir le Sahara occidental, d’où leur nom de « Sahraouis ».

Jusqu’à l’établissement des frontières actuelles du Maghreb, les Nouaji faisaient du commerce caravanier entre Mhamîd, Taoudenni et Tombouctou au Mali. Une partie de la famille nomadise toujours dans le désert et se consacre à l’élevage de chèvres et de dromadaires. L’autre partie est en voie de sédentarisation.

Vous trouverez à leurs cotés des « Sidna Bilal », anciens esclaves venus d’Afrique (Mali), et des Berbères de la confédération des Aït Atta, dont certaines tribus (« Aït Khebbache ») étaient alliées aux Nouaji lors des guerres tribales qui agitaient le territoire avant la pacification française.

Les Nouaji parlent le Hassaniyya, un dialecte proche de l’arabe classique).

Historique et aménagement du bivouac des mille et une nuits : 

1996 : Achat des terrains (5 hectares).  
1997 : Construction du puits, des murs d’enceinte, du chemin d’accès, du premier bloc sanitaire, du salon et aménagement des 5 premières tentes.  
1998 : Construction du hammam, du bassin et raccordement au réseau d’eau potable.  
1999 : Construction de 2 autres blocs sanitaires, de l’accueil, de la fontaine, de la pergola servant de salle à manger, du raccordement au réseau électrique et aménagement de 13 tentes supplémentaires.  
2000 : Construction dans les normes de la cuisine et du parking.  
2001 : Début de la construction de la casbah et du parc pour les dromadaires.  
2002 : Fin de la construction de la casbah et début de l’aménagement de la seconde zone (creusement d’un deuxième puits et plantations de 250 palmiers). 
2003 :  Achat de 4 hectares de palmeraie pour la culture et construction d'un puits 

 

OULED DRISS : PASSÉ ET PRÉSENT

L’ histoire du lieu :

La connaissance du passé permet souvent de comprendre le présent et d’envisager l’avenir .

Les premiers habitants connus de la région sont les Morabitines venus du Soudan avec le Sultan Lakhal en l’an 1000. Plus tard, des tribus d’Ethiopie (les actuels « Harratines ») sont venues comme ouvriers agricoles dans les jardins. Les Berbères nomades, redoutables guerriers, asserviront les Harratines pour en faire des manœuvres.

Au XIIIè siècle, les premières invasions Arabes islamisent la population. Les oasis étant toujours convoitées par des tribus de pillards, Arabes et Berbères s’associent pour se défendre des agressions extérieures. Les nomades reçoivent un quart des terres cultivables, en échange de leur protection des oasis.

Mhamîd fut le premier village. Créé par les « Aribs » (confédération de tribus arabes bédouines), il devint un carrefour caravanier très important entre Marrakech, Tindouf et Tombouctou. On y commerçait principalement les dattes, le henné, les amandes et les olives.

Ouled Driss (fils de Driss), d’après les anciens du village, fut créé par des habitants de Bouno il y a 400 ans.

Organisation traditionnelle et administrative :

Traditions et modernité se mêlent et se complètent en  conservant  la cohésion sociale.

Ouled Driss compte aujourd’hui 1100 habitants (contre 2000 en 1970), soit 130 familles issues de 7 fractions :

Chaque fraction délègue un représentant pour la gestion du village. Ce conseil a élu un délégué qui est chargé de représenter le village auprès du Président de la commune de Mhamîd qui les transmet au Caïd (fonctionnaire nommé par l’Etat) qui est chargé de les appliquer ou d’en référer au Caïd de Zagora..

Ecoles et administration : 6 classes primaires rassemblent 220 élèves. Le collège est à Mhamîd ainsi que la gendarmerie. Une boite aux lettres est relevée chaque jour par la poste de Mhamîd.

Représentation Religieuse : L’imâm, garant de la religion et de son enseignement, est pris en charge par la collectivité.

Economie locale :

Ici et beaucoup plus qu’ailleurs, l’eau est la priorité de toutes les initiatives. La gestion de celle-ci remonte à la création du village. Elle vaut plus que l’or. Sans elle, c’est l’exode ou la mort.

Eau, puits et irrigation : L’eau potable qui vient du château d’eau de Mhamîd alimente un point d’eau au centre du village où viennent se ravitailler les habitants aidés de leur ânes.

Les puits sortent de l’eau salée comme dans toute la région depuis Zagora, ce qui limite la production agricole (pas de fruitiers). De plus la sécheresse fait baisser les nappes chaque année ce qui oblige à recreuser.

Depuis les premiers jardins, chaque parcelle de terrain bénéficie d’un temps d’irrigation. Un Responsable (le Hamel) veille au respect de cette loi. Un terrain s’achète ou se vend avec sa durée d’irrigation. On peut acheter à un propriétaire seulement le temps d’irrigation sans le terrain (ex : 50 minutes vaut 40 000Dh soit 4000€). Celui-là perd pratiquement alors la moitié voire plus de sa valeur. On peut aussi acheter quelques minutes d’irrigation.

L’eau circule par des canaux partant de l’Oued Draa. Le barrage de Ouarzazate récolte l’eau de la fonte des neiges et des pluie de l’Atlas et ouvre 2 à 5 fois ses vannes chaque année pour laisser l’eau courir jusqu’à Mhamîd et permettre l’irrigation.

Agriculture, élevage et artisanat :

L’ agriculture de palmeraie reste la principale production. On y produit des dattes, de l’orge et du blé. Durant la récolte des dattes, entre cinq cent et six cent personnes viennent pour travailler. Chaque travailleur est rémunéré avec des dattes, il en gardera une partie et vendra le reste. La production de légumes est en passe d’être abandonnée en raison de la sécheresse qui sévit depuis des années. Le henné de la région est réputé comme le meilleur de tout le Maroc. C’est à la fois un produit de beauté et un soin naturel utilisé comme l’argile.

Les terrains sont cultivés par des ouvriers qui gardent ¼ de la production, le gardien garde ¼ et le propriétaire doit redonner 10% du reste aux pauvres en respect de la loi coranique.

Quelques éleveurs vendent chèvres et moutons à la boucherie locale.

L’artisanat est centré sur l’utilisation des feuilles de palmiers. On y fabrique des paniers, des chouaris (grands paniers) pour les ânes, des nattes et des filets qui sont vendus au souk de Mhamîd, de Tagounit ou de Zagora. Certains tissent des pièces de laine pour faire gonfler le pain , des forgerons fabriquent outils agricoles et couteaux. Les femmes brodent des voiles.  

QUELQUES MOTS COURANTS EN HASSANIYYA 

(dialecte des Sahraouis)                                                                                                                     

Apprendre quelques mots de la langue locale c’est honorer ses hôtes en prouvant l’intérêt qu’on leur porte. 

Bonjour : salam alicoum –  Réponse : alicoum es-salam –  Bon matin : sbah el kher - Bon soir : msa el kher –
Ça va (à peu près) : la bess –  Ca va (très bien) : bekher Tout va bien : koulchi meziane –  Merci : chokran –
Au revoir : Beslama – A tout à l’heure : min bad – Bonne nuit : leïla saïda -  Manger: koul – Repas: makla - Dormir: naas –  Marcher: amchi – Fatigué: ayan –  Donne moi : attini –  Je veux : brit – Pas de problème : ma kayn mouchkil - Vite : fissâa – Beaucoup : besef – Un peu : chouya – Petit : sarir – Grand : kabir – Chaud : sroun –   Froid : berd - Blanc : bayd – Noir : kaal – Le jour : nhar – La nuit : leïla – Bleu: zrak – Rouge: hamar –  Jaune: drari  (asfar) – Homme: rajel –    Femme: mra – Enfant: wuld – La mère:mu– Le père: bu - Maison: wanzil (dar) –  Village: badiya (bled, qsar, douar) – La route: triq – Voyage: safar – Bon voyage: safar jayed (at triq es-salama) - Etoile: nojoum – Lune: qmar – Ciel: sma – Soleil: chams – Nuage: mzin – Pluie: shab  - Montagne : jebel – Rivière : oued - Dune : ruml – Plateau : sinya – Palmier : nkhal - Oiseau : tuyur – Chameau : jmel – Âne : himar - Le feu: nar – L’eau: el ma - Bois: ertob – Bagages: ddebech – Couverture: karcha – Tente: kheïma – Bivouac : makar – Cadeau : hadiya – Thé : ateï – Verre : kas – Théïère : barad – Sucre : sucar – Menthe : nana – Datte : tamar - Orange: lemon – Pomme: tfa – Maïs: draa – Tomate: maticha – Carotte: khizou – Concombre : riar – Viande : el ham – Le sel : melh – La cuillère : el moraya – La fourchette : el fourcheta – Le couteau : el mous -

1 : wahad – 2 : jouj – 3 : tléta – 4 : arba – 5 : khamsa – 6 : sitta – 7 : sab’a – 8 : tmania - 9 : tis‘a – 10 : achara – 11 : hdach – 12 : tnach – 13 :tlétach, etc…  20 : achrin – 30 : tlétin – 40 : arbayn – etc…100 : mia – 200 : miatin – etc…    1000 : alfin